30 mai 2016 ~ 0 Commentaire

Marcel II ou « à qui profite le crime ? »

un très interessant rappel historique trouvé dans http://taigong788.skyrock.com/
et qui donne à réfléchir :
Marcel II, le réformateur

Je vais vous parler aujourd’hui du pape Marcel II, mort dans des circonstances douteuses, mais cela n’est pas étonnant quand on essaye de réformer. Regardons cela de plus près.

Marcel II, élu pape le 09 avril 1555, successeur de Jules III, était né en 1501 à Fano, dans l’Etat ecclésiastique. Il s’appelait Marcel Cervini. Son père était receveur pour le Saint-Siège dans la Marche d’Ancône. Doué intellectuellement (bon mathématicien) et habile de ses mains (on le disait relieur, dessinateur, graveur, sculpteur) Marcel Cervini reçoit une excellente éducation à Montepulciano. Prêtre, il est prieur de l’abbaye de La Celle. Clément VII le nomme scriptor apostolicus. Paul III en 1534, le fait évêque de Nicastro et son secrétaire, ensuite en 1536, il le fait nonce apostolique auprès de l’empereur Charles V en Flandres, et, en 1539, évêque de Reggio puis cardinal du titre de Ste-Croix la même. Il rédige alors un rapport remarqué sur la triste situation de l’épiscopat allemand. Évêque de Gubbio en 1544, il s’efforce d’y réformer l’Église. Il avait été nommé ensuite un des présidents du concile de Trente en 1545, en tant que légat pontifical. Il est encore influent au Concile de Trente, lors de sa deuxième session (ouverte en 1551). Ses interventions vont dans le sens d’une réforme profonde de l’Eglise. Il se tient à l’écart de Jules III (1549-1555) peu empressé de réformer l’Église.

Son élection au siège de Saint-Pierre, en 1555, est une indication de ce que l’esprit de renouveau avait finalement prévalu au sein du Sacré-Collège. Les sessions avaient été suspendues par son prédécesseur ; il témoigna le désir de les rouvrir sur un plan plus régulier encore et plus utile. Il contraste en tous points avec Jules III : il veut réformer l’Eglise, y compris sur le plan financier, en revenant à une pure doctrine chrétienne – ce qui revenait à renoncer aux prêts à intérêt, donc au plus clair des ressources des États pontificaux. La cour romaine est épouvantée… Ennemi du népotisme et du luxe, il ne permit pas à ses parents de venir à Rome et voulut retrancher la compagnie de ses gardes comme ne convenant point au vicaire de Jésus-Christ. Il établit partout une grande réforme, et il se faisait servir avec la dernière simplicité. Il laisse un nom dans l’histoire parce qu’il est à l’origine d’une réforme de la musique d’église : mécontent de la façon dont les chantres de la Sixtine ont célébré l’office de la semaine sainte, il les convoque pour les réprimander et les engager désormais à «réciter ce qui devait être récité et chanter ce qui devait être chanté de telle façon que les mots puissent être à la fois entendus et compris»; Palestrina met en pratique ces observations dans la célèbre Messe du pape Marcel qu’il écrit entre 1555 et 1560.

Il désirait la paix entre tous les princes chrétiens; mais il n’eut pas le temps de mettre à exécution ses vertueux desseins : il mourut le 21ème jour de son pontificat, à l’âge de 54 ans. Epuisé, prétend l’histoire officielle, par les cérémonies d’investiture et le stress d’une tâche si lourde à accomplir. Hasard ? Poison ? Marcel II meurt le 30 avril après une courte maladie. Personne n’est vraiment dupe, à commencer par Du Bellay (Regrets, sonnets 94 et 109) : « Heureux qui peult long temps sans danger de poison jouir d’un chapeau rouge, ou des clefz de Sainct Pierre ! » Il eut pour successeur Paul IV.

 

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Léna Aya Shereine |
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