30 août 2017 ~ 0 Commentaire

quelques règles pour une pensée de gauche du XXIè siècle

La victoire de Ruffin, les 19% de Mélenchon à l’élection présidentielle ou la présence d’Asselineau dans les médias sont des victoires encourageantes pour toutes personne profondément de gauche. Certes certains d’entre nous espéraient mieux, mais il semble que bientôt, peut-être dans un an peut être dans 50 ans, une révolution de gauche aura lieu dans ce pays.

Notre mission à nous, militants ou citoyens engagés, est de préparer cette révolution. Il faut que les révolutionnaires soient en mesure d’expliquer l’essentiels des changements à faire tout en se concentrant sur des points non clivants. En m’appuyant sur les travaux de Chouard, Friot, Asselineau, Filoche, Piketty, Lordon, Lepage et d’autres chercheurs, je vous propose de résumer les 10 points non clivants que tout bon révolutionnaire doit savoir expliquer aux autres dans un but d’éducation populaire.

  1. Le chômage est dans l’intérêt des riches (le NAIRU)

Il a la vertu du point de vue des riches de rendre docile les salariés (qui craignent de ne pas être embauchés) en exigences salariales, d’exercer une pression pour de meilleures performances et de renforcer la compétition des diplômes et qualifications.

  1. Baisser les impôts des riches accroit le déficit public.

Les impôts étant les recettes de l’états, baisser les impôts c’est créer un déséquilibre budgétaire.

  1. Nous n’avons pas besoin du capital pour créer des emplois.

Il existe deux types de propriété : propriété d’usage et propriété lucrative. La propriété d’usage c’est le droit de posséder un bien d’usage comme une voiture ou une maison et la propriété lucrative est le droit d’utiliser sa propriété pour gagner de l’argent, exemple : société d’autoroute, loyer d’appartement ou être propriétaire d’une entreprise.

Il faut supprimer le droit à la propriété lucrative et faire des entreprises la propriété d’usage des employés (qui deviennent alors copropriétaires de leurs outils de travail, ce qui revient à généraliser le statut actuel de SCOP d’une entreprise).

« Il y a un dirigeant comme dans n’importe quelle entreprise. Mais celui-ci est élu par les salariés associés ». 1

Il n’y aurait donc plus de « patron » pour s’approprier le capital et le réinvestir. Ou trouver l’argent pour l’investissement ? Par les cotisations, ce sera à l’état d’investir avec cet argent ou de le verser sous forme de subventions, voir le point 7.

  1. Le salaire doit être lié à la personne et non au poste.

Le meilleur moyen de faire disparaitre le chômage est de mettre fin à l’emploi. Toute personne doit être rémunéré par un salaire inconditionnel qui reconnait sa qualification ainsi que sa production.

L’idée du salaire à vie ou du revenu de base ne faisant pas l’unanimité on peut imaginer une forme alternative : nous considérons les chômeurs comme étant tous « fonctionnaire en disponibilité », qui devront effectuer des missions confiées par l’état.

Il est important que le concept de « demandeur d’emploi » disparaisse car il subordonne l’individu non pas à la production de richesse (comme l’écologie, le bio, le logiciel libre, l’art, la santé, l’action humanitaire) mais au profit ainsi qu’aux conditions de travail fixés par le patron (voir le point 1).

Par exemple des ouvriers construisent un bâtiment : ils produisent de la richesse. Des propriétaires de ce bâtiment gagnent de l’argent par les loyers : ils récupèrent le profit sans produire de richesse (ce n’est pas eux qui ont construit le bâtiment). Plus généralement les patrons (propriétaires) n’embaucheront que dans une logique de profit, la création de richesse étant secondaire.

  1. La monnaie se crée par prêt bancaire.

Toute la monnaie est créée par emprunt, les emprunts aux banques centrales émettent de la monnaie fiduciaire (billet et pièce) et les emprunts aux banque privés émettent de la monnaie scripturale (carte bancaire, chèques). La dette est donc obligatoire dans un système pareil. De plus les prêts aux banques privés se faisant avec taux d’intérêt, il y a plus de dette que de monnaie ce qui entraine l’accroissement de la dette.

Il est donc urgent de :

  • Rétablir (je rappelle que jusqu’en 1973 la France fonctionnait ainsi, et était stable et prospère) l’exclusivité de la monnaie sans dette par une institution publique.
  • Créer une institution citoyenne ou judiciaire visant à limiter la production de la monnaie (voire procéder à de la suppression de monnaie en cas d’inflation).
  • Protéger les consommateurs contre l’inflation avec un contrôle sur les prix et les salaires (indexation des salaires2, gels des prix, prix maximums3).

Le régime actuel n’es pas démocratique

Le seul moyen d‘accéder au pouvoir via l’élection est d’être suffisamment connu. Or ceci rend la réussite de l’élection dépendante de deux facteurs :

  • Avoir une campagne électorale suffisamment financée.
  • Avoir une présence médiatique suffisante.

Dans les deux cas l’approbation des riches possesseurs de médias ou de banque est nécessaire. Or comme nous l’avons vu dans le point 1, les intérêts des riches et du peuple sont contraires. Marx (et le bon sens ! il ne fat pas être sorti de Saint-Cyr pour le voir !) appelle ça la lutte des classes. Les élus sont donc choisis préalablement par des individus ayant un intérêt contraire au peuple ce qui explique les multiples trahisons envers le peuple (dénigrement de la fonction publique, gel des cotisations) et les faveurs envers les riches (exonérations d’impôts ou prêts ruineux à l’état).

L’utilisation du tirage au sort n’a pas ces défauts.

L’élection sur un programme ayant quand-même quelques avantages il faudrait trouver une association des deux. La meilleure solution serait sans doute un Sénat tiré au sort, gardien et stimulant d’une chambre des députés qu’on continuerait à élire.

La cotisation des entreprises est plus efficace que l’impôt pour lutter contre la fraude.

Pour aider les petites entreprises en difficulté on peut rendre les cotisations progressives selon le chiffre d’affaire des entreprises de sorte que les entreprises en difficultés cotisent moins que celles en bonne situation. La fraude aux cotisations nécessitera des techniques plus complexes que la fraude fiscale, comme le travail au noir qui est compliqué à mettre en place pour de grandes entreprisesL’union européenne est un verni sur des institutions d’extrême droite.

Toute personne profondément de gauche a été dressé deûis 1889 à préfèrer l’internationalisme au nationalisme.oui mais c’est oublier que

le mondialisme est le stade ultime du capitalisme.

Les capitalistes ont donc caché leurs institutions dans un objet d’apparence internationaliste : l’union européenne. Cependant on peut affirmer que l’UE :

  • Est une construction nationaliste à grande échelle correspondant au « choc des civilisations ». En effet le penseur indien Sri Aurobindo a montré que tout projet d’unification politique sur des bases continentales est vicié à la base et contraire aux valeurs de l’humanité et de la démocratie. Voir les citations qu’en a fait François Asselineau.
  • Etablit des lois sans parlement (appelé procédure législative spéciale).
  • Ne peut pas changer politiquement.
    L’article 48 du TUE impose l’unanimité des états membres pour modifier un traité. Avoir une UE « de gauche » nécessite que les 28 états soient de gauche, ce qui est statistiquement impossible.
  • Est profondément capitaliste, antisociale, et antidémocratique (renseignez-vous sr le projet INDECT !).
    L’article 123 du TFUE interdisant aux états d’emprunter à leurs banques centrales nous empêche de régler le point 5. Les GOPÉ de 2017 nous empêchent d’augmenter les cotisations car il y est question de « réduire le cout du travail ». L’article 63 interdit de restreindre les mouvements de capitaux, impossible alors de lutter contre les délocalisations, etc…

 

  1. Un régime anticapitaliste doit être démocratique pour fonctionner.

L’une des forces actuelles du capitalisme repose sur l’échec de certaines expériences dite « communiste » : les régimes de Staline, Mao Zedong et Nord-coréen. Rappelons que le communisme repose sur l’idée de partage de richesse, peut-on penser qu’un dictateur soit animé par un tel objectif ? Non, il faut donc qualifier ces régimes de totalitaires et non pas communistes.

Pour contrer cet argument il faut rappeler les expériences réussies4 du communisme : la fonction publique inventée par Maurice Thorez ou la sécurité sociale inventée par Ambroise Croisat (tous deux communistes).

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Léna Aya Shereine |
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